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Nouic avant l'an 1000

Nicole RAYNAUD

 C'est avant l’an 1000, que Nouic a vraiment connu son heure de gloire. Le nom même de Nouic, formé au cours de cette période, vient en effet de deux mots latins : novus qui signifie nouveau et vicus qui veut dire la bourgade. Mais qu'est-ce vraiment qu'un vicus ? Pour bien comprendre, je commencerais par envisager un vicus bien connu des archéologues : le vicus de Blond.

 
A l'époque gallo-romaine, Blond se situait dans les bois de la Tourette sur la route actuelle de Bellac. C'était une agglomération minière où l'on extrayait l'étain nécessaire à la confection du bronze. On voit encore dans ce bois des tas de pierres qui sont les ruines des maisons et les tranchées d'extraction de l'étain.

A l'époque mérovingienne, l'agglomération se déplace à l'emplacement du bourg actuel. On connaît son nom : Blatomago, par des monnaies du VIIº siècle en or, certainement frappées sur place. Une église dédiée à saint Martin se construit à cette époque, et devient le chef-lieu de l'une des premières paroisses du diocèse de Limoges, au très vaste territoire.

Mais que savons-nous du vicus de Nouic ? A-t-il aussi existé aux époques gallo-romaine et mérovingienne ? Envisageons d'abord la période la plus ancienne.

Une nécropole mérovingienne régionale

II est bien connu que de nombreux sarcophages en pierre de forme trapézoïdale et datables du VIIº siècle ont été exhumés à Nouic. Un archéologue du début du XIX° siècle écrivait même : « le bourg de Nouic et surtout la rue principale qui aboutit à l'église est pour ainsi dire pavé de ces tombeaux». Il ne s'agissait donc pas d'un banal cimetière de village mais d'une nécropole attirant, comme au vicus de Civaux (Vienne), toute une région récemment christianisée.

Aujourd'hui, il ne reste que peu de vestiges qui échappent en général au passant. Il faut observer les murs de l'église et des maisons voisines pour y trouver des remplois de fragments de sarcophages. Le plus net fait saillie du mur, à gauche du grand portail de l'église. D'autres fragments, plus discrets, se repèrent au matériau : le calcaire, roche blanche, et l'impactite, roche sombre, qui tranchent sur le granité, habituel dans la région. Sans doute, les sarcophages de calcaire venaient-il du Poitou alors que ceux d'impactite provenaient à coup sûr du vicus de Chassenon (Charente), producteur de ce matériau unique en France, car issu de l'impact d'une météorite. Une telle nécropole régionale exigeait des lieux de culte. Quelles étaient ces églises ?