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Promenade dans les noms de lieux de Nouic.

La randonnée est une activité de plus en plus prisée par nos contemporains à la recherche d’exercice et de contact réel avec la nature. Nous vous proposons ici un autre type de promenade à la recherche de l’origine d’une cinquantaine de lieux dits de la commune, précieux témoins de sa formation et de son histoire ancienne ou plus contemporaine.

Dans une commune rurale comme Nouic, il n’est pas surprenant que beaucoup de toponymes soient inspirés par la nature, la flore, la faune.

L’aspect du terrain est évoqué avec La Plagne de l’occitan « Plana » qui désigne un endroit plat au contraire de La Valette, diminutif de l’occitan « vau » qui désigne un petit vallon. Le Boucheron a une origine plus compliquée : le mot est construit à partir de l’occitan « bosc », bois et du latin « carium », pierre : il s’agit donc d’un bois où se trouve un rocher particulier ou un amas de pierres ; le mot pourrait aussi venir du mérovingien « boscarione », le bûcheron. La nature est aussi façonnée par l’homme : on trouve alors un lieu-dit comme Excideuil, forme abrégée pour « eissiduelh », issu du latin « exidolium » qui désigne un champ, une clairière ou Couas qui provient probablement de l’occitan « coa », queue, pour indiquer une forme de parcelle allongée ; l’activité agricole nécessite un aménagement de la nature avec des haies caractéristiques de notre pays de bocage : le toponyme Les Ages du bas latin « agia », rappelle ces clôtures naturelles indispensables à l’élevage ; lorsqu’il n’y avait pas de haie naturelle, on installait alors des barrières évoquées par le toponyme Les Barres, de l’occitan « barra » ; il désigne aussi une limite (la Barre de Vayrac, entre Limousin et Poitou), voire un péage ; il peut aussi indiquer un pont rustique pour franchir un cours d’eau, un ruisseau. Le Landau, de l’occitan « landa », évoque au contraire un terroir inapte à l’agriculture où ne pousse que des plantes sauvages.

L’eau, indispensable à la vie, occupe une place importante, qu’elle apparaisse sous forme de source au Bournazeau, du prélatin « borna », source, complété du suffixe diminutif « acellum » : petite source, à Fredaigue, de l’occitan « fred », froid et du substantif « aiga », eau, ou sous sa forme domestiquée : La Digue, Les Etangs, Les Ecluses (voir infra).

Enfin, certains noms de lieu ne sont pas seulement descriptifs, ils expriment également une réaction de l’homme en présence du milieu, un jugement de valeur : on obtient alors pour la sortie de Nouic en direction de Mézieres, le toponyme Plaisance.

Les noms de lieux évoquant la flore occupent une place importante, environ 20% parmi la cinquantaine que nous présentons.